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Patrick Baz


« Je suis né sur ce qui deviendra une ligne de démarcation, c’était peut-être un signe ».

Patrick Baz, franco-libanais, est né le 7 mai 1963, à Beyrouth. Quand la guerre du Liban éclate, en 1975, il n’a que 12 ans. Résidant non loin de la ligne de démarcation qui sépare les quartiers chrétiens et musulmans de Beyrouth, il est contraint de grandir plus vite, au rythme des bombes.
Fasciné par la guerre et les miliciens qui contrôlent son quartier, il décide de flirter avec la mort, non pas avec des armes mais avec un boitier. Un appareil photo qu’il ne lâchera plus, et grâce auquel il pourra se procurer sa dose d’adrénaline quotidienne. Le Liban devient alors son terrain d’apprentissage. Entre 1980 et 1988, son objectif de photojournaliste free lance est pointé sur les affrontements de rue, les voitures piégées, les bombardements, l’invasion israélienne, jusqu’à l’incompréhension, jusqu’au dégoût.

En 1989, l’Agence France Presse (AFP) lui donne l’opportunité de couvrir la première Intifada. A 26 ans, Patrick Baz se rend dans les territoires occupés palestiniens, Gaza et la Cisjordanie. Il y découvre une terre où les pierres comptent plus que les hommes. Entre temps il couvre d’autres conflits qui secouent la planète, notamment la première guerre du Golfe en 1990, le Kurdistan en 1991, la Somalie, l’enfer de Sarajevo en 1993.
Patrick Baz devient directeur photo pour le Moyen-Orient de l’AFP en 1996 ce qui ne l’empêche pas de continuer à courir toujours vers les zones de fracture, là où la vie est plus intense car plus fragile comme en Irak depuis 1998. Il est d’ailleurs nommé directeur du bureau de Bagdad pendant l’invasion américaine en 2003. En Irak, il rencontrera les insurgés de Falloujah, vivra l’« embedment ». Il y connaîtra aussi l’angoisse de l’enlèvement, mais surtout en repartira marqué par le regard des enfants de la guerre. Un regard que Patrick Baz, après plus de 20 ans de carrière, nous dévoile dans un premier livre poignant.